collection

— A6

Indisponible

5 € / 6.5 CHF

13 juillet 2010

80 p. / 10x15 cm

ISBN 978-2-940426-08-9

ISSN 1664-2309

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[...] L’ouvrage capte le lecteur dès la première phrase : « Mais pourquoi ces foutus jeunes ont-ils tiré dans les jambes de Montanelli ? N’aurait-il pas été mieux de lui tirer dans la bouche ? », ajoutant quelques lignes plus loin : « L’estropier signifie l’obliger à boiter, l’obliger à se souvenir. Par contre, ça aurait été un divertissement plus agréable de lui tirer dans la gueule, avec la cervelle qui lui sort des yeux ». En fait, ainsi qu’on peut le deviner à travers cette courte citation, le propos hésite entre l’analyse politique et le pamphlet situationniste. On pourrait sans problème rattacher le propos de Bonanno au registre nietzschéen qu’évoque Irène Pereira (Les grammaires de la contestation). Manifestant un vitalisme profond, l’auteur en appelle à rompre définitivement avec le travail : « A l’éthique du travail, il faut opposer l’esthétique du non-travail », p. 23. C’est par un effort volontariste que les prolétaires peuvent espérer rompre avec le spectacle [...] Georges Ubbiali, Dissidences, septembre 2011.

[...] Un des appels les plus radicaux existants à la destruction immédiate dans le plaisir et l’hilarité de « tout ce qui nous oppresse et nous régule ». À l’époque, 1977, la Cour suprême d’Italie a ordonné que ce livre soit brûlé et son auteur a été condamné à 18 mois de prison. On ne peut pas dire qu’aujourd’hui Alfredo M. Bonanno se soit acheté une conduite. Il est sous les verrous en Grèce, accusé de braquage à main armée. Noël Godin, Siné Mensuel, 2 décembre 2011.

La Joie Armée

Alfredo M. Bonanno

Essai traduit de l’italien

La joie s’arme. Son atta­que est le dépas­se­ment de l’hal­lu­ci­na­tion mar­chande, de la machine et de la mar­chan­dise, de la ven­geance et du leader, du parti et de la quan­tité. Sa lutte brise la ligne tracée par la logi­que du profit, l’archi­tec­ture du marché, le sens pro­grammé de la vie, le docu­ment final de l’archive. Son explo­sion bou­le­verse l’ordre des dépen­dan­ces, la nomen­cla­ture du posi­tif et du néga­tif, la loi de l’illu­sion mar­chande. — A. M. Bo­nanno

Paru ini­tia­le­ment durant le Mouvement de 77, La Joie armée, son texte le plus emblé­ma­ti­que, est un appel à l’insur­rec­tion joyeuse et vio­lente. Inspiré de la pensée stir­né­rienne et situa­tion­niste, Bonanno s’y oppose à la spé­cia­li­sa­tion mili­taire des Brigades rouges en prô­nant un insur­rec­tio­na­lisme assumé et géné­ra­lisé à l’ensem­ble du mou­ve­ment social. Il s’y atta­que également à l’éthique du tra­vail au profit d’un vita­lisme pro­fond et d’une « esthé­ti­que du non-tra­vail ». À l’époque, la Cour suprême d’Italie ordonna que le livre soit brûlé et son auteur fut condamné à 18 mois de prison.

Alfredo Maria Bonanno (né en 1937) est un anar­chiste ita­lien qui fut et qui est encore aujourd’hui, depuis plus de trente ans, d’un grand impact sur l’anar­chisme insur- rec­tion­na­liste dont il est consi­déré comme l’un des théo­ri­ciens majeurs.