collection

— Classique

16 € / 20.8 CHF

11 janvier 2011

128 p. / 15x24 cm

ISBN 978-2-940426-14-0

ISSN 1664-5065

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Une négation de Dieu que l’on retrouve dans le texte inachevé de Michel Bakounine Considérations philosophiques sur le fantôme divin, le monde réel et l’homme, réédité par les éditions Entremonde. Il y développe ses conceptions philosophiques sur l’autorité (« modèle théologique de l’autorité »), la liberté (ma liberté ne s’arrête pas où commence celle d’autrui, elle la complète, de sorte que la libération collective est aussi une libération de soi) et l’articulation entre réflexion et action. Anarlivres, février 2011.

Considérations philosophiques sur le fantôme divin, le monde réel et l’Homme

Michel Bakounine

Écrit par Bakounine au cours de l’hiver 1870-71, entre la ten­ta­tive d’insur­rec­tion lyon­naise et la Commune de Paris, Considérations phi­lo­so­phi­ques sur le fan­tôme divin, le monde réel et l’homme est l’abou­tis­se­ment des réflexions phi­lo­so­phi­ques que mène le révo­lu­tion­naire russe au milieu des années 1860. Durant cette période, ce pas­sionné de phi­lo­so­phie, cet ama­teur de Kant, Fichte et Hegel reprend ses réflexions théo­ri­ques aban­don­nées en 1842. Il élabore plu­sieurs textes mar­qués par l’ina­chè­ve­ment par­ti­cu­lier à l’œuvre de Bakounine qui nour­ris­sent ses Considérations. Il y pro­pose une ver­sion maté­ria­liste de la phi­lo­so­phe posi­ti­viste de Comte. Il y consi­dère le divin comme une illu­sion misan­thrope, qui attri­bue à Dieu les pro­prié­tés essen­tiel­les de l’homme. À tra­vers un modèle théo­lo­gi­que de l’auto­rité, il prend une posi­tion radi­cale qui veut ôter à l’auto­rité sa racine. Mais sur­tout, Bakounine élabore une pré­cieuse concep­tion de la liberté dans laquelle la libé­ra­tion col­lec­tive serait aussi la libé­ra­tion de soi.

Issu de la petite noblesse russe et émigré en Allemagne en 1840, le révo­lu­tion­naire Michel Bakounine (1814-1876) fut un des pre­miers théo­ri­ciens de l’anar­chisme. Membre fon­da­teur de l’Association inter­na­tio­nale des tra­vailleurs, il fit parti de son aile liber­taire qui se scinda de celle-ci pour fonder la Fédération juras­sienne.

Introduction

Bakounine, un anar­chiste en phi­lo­so­phie — Écrites par Bakounine au cours de l’hiver 1870-71, entre l’échec de l’insur­rec­tion lyon­naise à laquelle il a par­ti­cipé et la Commune de Paris dont il sera un par­ti­san, les Considérations phi­lo­so­phi­ques sur le fan­tôme divin, sur le monde réel et sur l’homme pour­raient sur­pren­dre qui ne connaît du révo­lu­tion­naire russe que l’image qu’en a donné l’his­to­rio­gra­phie offi­cielle, dans ses varian­tes réac­tion­naire, libé­rale ou marxis­te : celle d’un tenant des « théo­ries irra­tion­nel­les de l’emploi immé­diat de la vio­lence »1, d’un homme « prêt […] à patau­ger dans des fleu­ves de sang »2 ou encore d’un per­son­nage dont « l’héri­tage fut cette seule idée que l’État, c’était le mal et qu’il fal­lait le détruire »3. Il n’est pour­tant pas ques­tion ici de donner de Bakounine l’image exac­te­ment inverse et d’en faire l’auteur de théo­ries désin­car­nées, conçues à l’écart de toute pra­ti­que poli­ti­que, mais bien plutôt de com­pren­dre le statut et la teneur d’un texte qui se pré­sente expres­sé­ment comme phi­lo­so­phi­que.

La phi­lo­so­phie occupe une place par­ti­cu­lière dans le par­cours per­son­nel et poli­ti­que du révo­lu­tion­naire russe. Né en 1814 dans une famille de la noblesse russe, Mikhaïl Alexandrovitch Bakounine, après avoir échappé à la car­rière mili­taire à laquelle le des­ti­nait sa famille, s’initie à la phi­lo­so­phie alle­mande dans un groupe d’auto­di­dac­tes connu sous le nom de Cercle de Stankevitch. Il se pas­sionne suc­ces­si­ve­ment pour Kant, Fichte et Hegel, et c’est en partie pour appro­fon­dir sa connais­sance de la phi­lo­so­phie alle­mande qu’il quitte la Russie pour l’Allemagne en 1840. Mais l’Allemagne le guérit de ses pas­sions méta­phy­si­ques : com­men­çant à fré­quen­ter les milieux démo­cra­tes et la gauche hégé­lienne, Bakounine publie en 1842 « La Réaction en Allemagne »4, brillant arti­cle dans lequel il annonce la fin de son par­cours phi­lo­so­phi­que et son aban­don de la théo­rie pour la pra­ti­que révo­lu­tion­naire, puis­que le point d’abou­tis­se­ment de la phi­lo­so­phie, c’est pré­ci­sé­ment de reconnaî­tre ses pro­pres limi­tes, au-delà des­quel­les com­mence un domaine qu’elle ne peut régir, celui de la pra­ti­que his­to­ri­que, sociale et poli­ti­que.

Bakounine tien­dra paro­le : entre 1843 et 1865, il n’écrit plus rien qui res­sem­ble de près ou de loin à de la phi­lo­so­phie. Révolutionnaire doté d’idées démo­cra­ti­ques et socia­lis­tes encore mal défi­nies, Bakounine fait sienne, autour des révo­lu­tions de 1848, la cause des natio­na­li­tés slaves oppri­mées d’Europe cen­trale, et cette thé­ma­ti­que domine son enga­ge­ment jusqu’au milieu des années 1860. Arrêté suite à l’insur­rec­tion de Dresde en mai 1849, livré à l’Autriche puis à la Russie, Bakounine ne retrouve l’Europe qu’en 1861 après s’être évadé de Sibérie, et il ne prend la mesure de l’impasse que cons­ti­tue la ques­tion des natio­na­li­tés et de la portée révo­lu­tion­naire qu’a gagnée la ques­tion sociale qu’à partir de 1864. Or c’est pré­ci­sé­ment à cette période, dont on peut dater son adhé­sion à ce qu’on qua­li­fiera, rétros­pec­ti­ve­ment, de socia­lisme liber­taire (Bakounine lui-même ne se dira anar­chiste qu’à partir de 1867), qu’on voit réap­pa­raî­tre sous la plume du révo­lu­tion­naire russe des déve­lop­pe­ments qui s’appa­ren­tent à de la phi­lo­so­phie. Mais il ne s’agit alors pas pour lui de reve­nir à ses pre­miè­res amours et de repren­dre en l’état ce qu’il a délaissé vingt ans plus tôt : Bakounine ne pré­tend pas rede­ve­nir phi­lo­so­phe, et les textes à teneur phi­lo­so­phi­que de sa der­nière période tien­nent compte de la « sortie de la phi­lo­so­phie » effec­tuée en 1842-43. Bien plutôt, ces textes, dont les Considérations phi­lo­so­phi­ques cons­ti­tuent l’échantillon le plus dense et le plus remar­qua­ble, repré­sen­tent les incur­sions sur le ter­rain phi­lo­so­phi­que d’un anar­chiste pour qui un combat est à mener aussi en phi­lo­so­phie, pour l’émancipation de l’homme en tant qu’être pen­sant. Le retour à la phi­lo­so­phie dont témoi­gnent les Considérations s’opère donc à partir d’une pra­ti­que mili­tante. Il s’agit désor­mais de savoir quelle concep­tion du monde est impli­quée par cette pra­ti­que, quel type de phi­lo­so­phie est sus­cep­ti­ble d’en arti­cu­ler les prin­ci­pes et d’accom­pa­gner théo­ri­que­ment un enga­ge­ment anti­ca­pi­ta­liste et antiau­to­ri­taire. En somme, si les textes des années 1842-43 posaient la ques­tion du saut que repré­sente le pas­sage de la théo­rie à la pra­ti­que, ceux de la der­nière décen­nie d’acti­vité théo­ri­que de Bakounine cons­ti­tuent un retour à la théo­rie à partir de la pra­ti­que.

Le statut qui revient à la phi­lo­so­phie dans les der­niers textes de
Bakounine permet de com­pren­dre cer­tai­nes des spé­ci­fi­ci­tés de notre texte. Les Considérations phi­lo­so­phi­ques sur le fan­tôme divin, sur le monde réel et sur l’homme, ici repu­bliées sur la base du texte qui a été établi par l’équipe réunie autour d’Arthur Lehning à l’Institut International d’Histoire Sociale d’Amsterdam (IISG), ont ini­tia­le­ment été conçues comme un appen­dice à L’empire knouto-ger­ma­ni­que et la révo­lu­tion sociale. Comme ce fut le cas quel­ques années aupa­ra­vant avec Fédéralisme, socia­lisme et anti­théo­lo­gisme (1867-68), et comme ce sera encore le cas avec La théo­lo­gie poli­ti­que de Mazzini (1871) et Étatisme et anar­chie (1873), Bakounine com­mence par rédi­ger un texte de cir­cons­tance (qui por­tait signi­fi­ca­ti­ve­ment pour titre ini­tial La révo­lu­tion sociale ou la dic­ta­ture mili­taire), qui devient l’occa­sion d’une expo­si­tion de ses concep­tions phi­lo­so­phi­ques, qu’il doit inter­rom­pre pour enta­mer un autre écrit de cir­cons­tance, qui prend à son tour l’ampleur d’un exposé géné­ral, et ainsi de suite… L’œuvre de Bakounine, sa vie même, se situe dans ces allers-retours inces­sants entre la lutte du moment et les théo­ri­sa­tions qu’elle sus­cite.

À l’ina­chè­ve­ment qui carac­té­rise tous les grands textes de Bakounine, il faut ajou­ter la manière très par­ti­cu­lière qu’a le révo­lu­tion­naire russe de com­po­ser — ou bien plutôt de ne pas com­po­ser — ses ouvra­ges. Écrits dans des condi­tions sou­vent très pré­cai­res, sans l’appui d’une biblio­thè­que per­met­tant le recours à des réfé­ren­ces pré­ci­ses, mais aussi sans plan préé­ta­bli, au fil de la plume, avec par­fois des notes de bas de page qui devien­nent des écrits à part entière, les textes théo­ri­ques de Bakounine peu­vent dérou­ter, tant on peine à en saisir le fil conduc­teur. À cet égard, les Considérations phi­lo­so­phi­ques cons­ti­tuent, au moins pour partie, une excep­tion. Certes, le manus­crit s’inter­rompt d’une manière ino­pi­née au milieu d’une cita­tion d’Auguste Comte et on y trouve l’une de ces lon­gues notes dont Bakounine est fami­lier. Par ailleurs, le texte ne four­nit pas toutes les réfé­ren­ces savan­tes dont il s’ins­pire pour­tant mani­fes­te­ment. Néanmoins, on y trouve un plan, en cinq par­ties (« Système du monde », « L’homme — Intelligence et volonté », « Animalité, huma­nité », « La reli­gion », « Philosophie, science »), et l’ensem­ble cons­ti­tue un condensé remar­qua­ble des idées phi­lo­so­phi­ques qui sont celles de Bakounine à cette époque.

Mais c’est que les idées expo­sées dans les Considérations ne sont pas pro­pres à ce manus­crit, qui en maints endroits reprend, par­fois tex­tuel-lement, des manus­crits des années anté­rieu­res. Ainsi le texte fameux qui met le lec­teur en demeure de choi­sir entre la liberté humaine et l’exis­tence de Dieu se trouve déjà dans des manus­crits de 1865, édités par l’IISG sous le titre « Fragments sur la franc-maçon­ne­rie », puis dans la der­nière partie de Fédéralisme, socia­lisme et anti­théo­lo­gisme, texte demeuré ina­chevé et inédit auquel Bakounine emprunte d’autres pas­sa­ges encore. Les Considérations cons­ti­tuent ainsi comme l’abou­tis­se­ment et le résumé des incur­sions phi­lo­so­phi­ques accom­plies par Bakounine depuis le milieu des années 1860.

Il ne sau­rait être ques­tion, dans le cadre de cette pré­face, de recons­ti­tuer dans le détail les concep­tions phi­lo­so­phi­ques que déve­loppe Bakounine dans les Considérations, ni même d’en donner une vue d’ensem­ble5. Il semble tou­te­fois néces­saire d’expli­ci­ter les sour­ces aux­quel­les elles s’abreu­vent et la spé­ci­fi­cité qui est la leur. Auguste Comte cons­ti­tue indé­nia­ble­ment la réfé­rence domi­nante du texte, que Bakounine semble avoir rédigé le Cours de Philosophie posi­tive à la main, au point qu’en cer­tains endroits, le texte cons­ti­tue une dis­cus­sion de la phi­lo­so­phie posi­tive. Le « sys­tème du monde » exposé par Bakounine au début des Considérations emprunte certes à Comte sa clas­si­fi­ca­tion des scien­ces (expo­sée dans les deux pre­miè­res leçons du Cours), mais pré­ci­sé­ment avec l’ambi­tion de pré­sen­ter une « cos­mo­lo­gie », et non seu­le­ment un sys­tème de la connais­sance, alors que les tenants de la phi­lo­so­phie posi­tive, au nom d’un refus de la méta­phy­si­que, refu­saient de s’expri­mer sur la teneur ultime (maté­rielle ou idéelle) du réel. Plus loin, Bakounine ira jusqu’à iden­ti­fier le refus com­tien de se pro­non­cer sur l’essence des choses avec le recul kan­tien devant toute connais­sance de la chose en soi. En somme, en trans­for­mant la cri­ti­que com­tienne de la méta­phy­si­que en cri­ti­que de l’idéa­lisme, Bakounine pro­pose une ver­sion maté­ria­liste de la phi­lo­so­phie posi­tive, et il est sur ce point tri­bu­taire d’auteurs qui ne sont pas men­tion­nés dans le texte mais qu’il n’en a pas moins lus au cours des années pré­cé­den­tes : ceux que l’on qua­li­fie de « maté­ria­lis­tes scien­ti­fi­ques », Ludwig Büchner, Jakob Moleschott ou encore Carl Vogt6. C’est sur eux, et notam­ment sur la Circulation de la vie de Moleschott, que Bakounine peut s’appuyer pour sou­te­nir que la nature, c’est-à-dire « la vie, la soli­da­rité et la cau­sa­lité uni­ver­sel­les », n’est rien d’autre qu’une somme d’actions et de réac­tions par­ti­cu­liè­res […] se com­bi­nant en un mou­ve­ment géné­ral et unique ».

Auguste Comte est également mis à contri­bu­tion par Bakounine pour sa phi­lo­so­phie du pro­grès et pour l’his­toire des reli­gions qu’elle sous-tend. Le pas­sage du féti­chisme au mono­théisme en pas­sant par le poly­théisme — les trois étapes qui scan­dent ce que Comte appe­lait « l’état théo­lo­gi­que » — sont repri­ses inté­gra­le­ment. Mais comme il le fai­sait dans Fédéralisme, socia­lisme et anti­théo­lo­gisme, Bakounine ajoute à cette his­toire du reli­gieux un modèle qu’il emprunte à L’essence du chris­tia­nisme de Feuerbach, ouvrage qu’il connaît pour avoir été en Allemagne au moment de sa paru­tion. Les pas­sa­ges des Considérations qui font du divin une illu­sion misan­thrope, consis­tant à dépos­sé­der l’homme de ses pro­prié­tés essen­tiel­les pour les attri­buer à Dieu et à jus­ti­fier ainsi son oppres­sion, sont une radi­ca­li­sa­tion des vues déve­lop­pées par le phi­lo­so­phe alle­mand dans son grand ouvrage. Radicalisation parce que Bakounine cher­che à penser, au tra­vers de ce schéma, un véri­ta­ble modèle théo­lo­gi­que de l’auto­ri­té : l’homme humi­lié et aliéné de la théo­lo­gie ne peut que cher­cher hors de lui-même la source de son exis­tence (Dieu) et l’opé­ra­teur de sa propre liberté (l’État). Ici, la radi­ca­lité phi­lo­so­phi­que ne vise rien de moins que d’ôter à l’auto­rité sa racine.

Mais dans le champ de la phi­lo­so­phie alle­mande, Feuerbach n’est pas la seule source à laquelle pui­sent les Considérations. Plus dis­crè­tes, les réfé­ren­ces à Hegel n’en sont pas moins déci­si­ves. L’idée selon laquelle toute chose agit selon des lois qui lui sont pro­pres et qui cons­ti­tuent sa nature qu’elle ne fait ensuite que déve­lop­per est expres­sé­ment réfé­rée par Bakounine à la phi­lo­so­phie de Hegel, réin­ter­pré­tée dans un sens natu­ra­liste et mobi­li­sée contre la pré­ten­due inac­ces­si­bi­lité de la chose en soi der­rière les phé­no­mè­nes. Enfin, la concep­tion de la liberté que pro­pose Bakounine dans les Considérations, concep­tion qui s’arti­cule étroitement avec la notion de reconnais­sance, puise sans doute à des sour­ces fich­téen­nes : contre une concep­tion libé­rale de la liberté, qui reconduit en fait le dogme chré­tien du libre-arbi­tre, Bakounine sou­tient que ma liberté ne s’arrête pas où com­mence celle d’autrui, mais qu’elle se com­plète en elle, de sorte que la libé­ra­tion col­lec­tive est aussi une libé­ra­tion de soi.

Cette mul­ti­pli­cité de réfé­ren­ces par­fois hété­ro­gè­nes n’enlève-t-elle pas à Bakounine toute ori­gi­na­lité, et ne rap­pro­che-t-elle pas ses concep­tions de la « vinai­grette phi­lo­so­phi­que »7 qu’il raillait chez Victor Cousin ? Bakounine n’est assu­ré­ment pas un grand nom de l’his­toire de la phi­lo­so­phie — et n’a jamais cher­ché à l’être. Il n’en reste pas moins un point de ren­contre unique entre l’idéa­lisme alle­mand (et les ten­dan­ces cri­ti­ques qui en sont issues), la phi­lo­so­phie posi­tive, les maté­ria­lis­mes his­to­ri­que et scien­ti­fi­que, en somme entre les dif­fé­rents cou­rants phi­lo­so­phi­ques qui carac­té­ri­sent le XIXe siècle. Ce qui assure l’unité de ces réfé­ren­ces mul­ti­ples, c’est leur ancrage dans une pers­pec­tive de libé­ra­tion humaine inté­grale qui fait l’ori­gi­na­lité et l’actua­lité de celui qui se défi­nis­sait lui-même comme « un amant fana­ti­que de la liberté »8.

J.-C. Angaut

1. Carl Schmitt, Parlementarisme et Démocratie, Paris, Seuil, 1988, p. 83.

2. Isaiah Berlin, Les Penseurs russes, Paris, Albin Michel, 1984, p. 155.

3. Francis Wheen, Karl Marx, Londres, Fourth Estate, 1999, p. 318 (tra­duc­tion fran­çai­se : Marx – Biographie inat­ten­due, Paris, Calmann-Lévy, 2003).

4. J’ai pro­posé une tra­duc­tion et un com­men­taire de ce texte, ainsi que d’autres de la même période, dans Bakounine jeune hégé­lien – La Philosophie et son dehors, Lyon, ENS Éditions, 2007.

5. Même si l’on n’en par­tage pas néces­sai­re­ment toutes les conclu­sions, l’ouvrage le plus com­plet à ce sujet est celui de Paul McLaughlin, Mikhail Bakunin : The Philosophical Basis Of His Anarchism, New York, Algora, 2002.

6. Bakounine mène expli­ci­te­ment la confron­ta­tion entre Comte et ces trois auteurs, dési­gnés comme «  apô­tres de la science révo­lu­tion­naire  », dans un écrit paru en russe en 1868, La Science et le peuple.

7. M. Ba­kou­nine, L’Empire knouto-ger­ma­ni­que et la révo­lu­tion sociale in Œuvres com­plè­tes, t. viii, Paris, Champ Libre, 1982, p. 144.

8. Ibid., p. 291.