collection

— Senonevero

24.4 € / 31.7 CHF

13 septembre 2018

608 p. / 14x21 cm

ISBN 978-2-940426-49-2

ISSN 2624-5124

Rupture dans la théorie de la révolution

Textes 1965–1975

Textes présentés par François Danel

Autour de 1968, une cer­taine concep­tion de la liai­son entre le « mou­ve­ment ouvrier » et la révo­lu­tion s’est défi­ni­ti­ve­ment effon­drée. Pratiquement et théo­ri­que­ment, la révo­lu­tion comme dyna­mi­que de la classe ouvrière deve­nant classe domi­nante, libé­rant le tra­vail et s’empa­rant des moyens de pro­duc­tion exis­tants est deve­nue irré­mé­dia­ble­ment cadu­que. Une nou­velle période s’ouvrait alors. De nom­breux grou­pes théo­ri­ques issus de l’ultra­gau­che ou de l’anar­chisme (Le Mouvement com­mu­niste, Informations et cor­res­pon­dan­ces ouvriè­res, Négation, Intervention com­mu­niste, Invariance, Quatre mil­lions de jeunes tra­vailleurs, etc.) ont alors tenté de com­pren­dre et de for­ma­li­ser cette rup­tu­re : la révo­lu­tion com­mu­niste signi­fiant désor­mais l’abo­li­tion du capi­tal et de toutes les clas­ses socia­les, y com­pris le pro­lé­ta­riat lui-même, devant alors se nier dans sa propre acti­vité et abolir ses fon­de­ments que sont la valeur et le tra­vail. La révo­lu­tion était deve­nue com­mu­ni­sa­tion, c’est-à-dire une abo­li­tion sans tran­si­tion du capi­tal dans la créa­tion de rap­ports com­mu­nis­tes. C’est cet énorme tra­vail de rup­ture et de refon­da­tion, entre­pris à l’époque, que cette antho­lo­gie pré­sente. Aucune ques­tion concer­nant les luttes actuel­les ne peut être abor­dée sans réfé­rence au tra­vail effec­tué dans cette période où le bas­cu­le­ment dans une autre époque était le quo­ti­dien.