collection

— Métro

À paraître

16 € / 20.8 CHF

7 septembre 2021

200 p. / 15x22.5 cm

ISBN 978-2-940426-60-7

ISSN 2624-8980

Projet et utopie

Manfredo Tafuri

Architecture et développement capitaliste

Essai traduit de l’italien par Françoise Brun

Introduction de Marco Assennato
Préface de Bernard Huet

Élaboré par l’un des prin­ci­paux his­to­riens ita­liens de l’archi­tec­ture, ce livre emblé­ma­ti­que passe en revue les gran­des étapes du mou­ve­ment moderne afin de situer les rôles contra­dic­toi­res de leurs concep­teurs.
Quelles sont les tâches impo­sées par les pro­po­si­tions appa­rem­ment les plus ration­nel­les du déve­lop­pe­ment capi­ta­liste ? Dans quelle mesure l’éthique bour­geoise est-elle per­ti­nente aujourd’hui au regard de l’uni­vers sans qua­lité qu’elle génère ? Les ambi­guï­tés des dis­ci­pli­nes de l’idéo­lo­gie sont igno­rées depuis long­temps par les tech­ni­ciens dans leurs pra­ti­ques de l’archi­tec­ture, de l’urba­nisme, de l’art ou du design. Si cer­tains voient une issue à la crise dans l’inté­gra­tion à la consom­ma­tion ou dans les alter­na­ti­ves pour l’émancipation, rien n’y change.
Abondamment illus­tré, Projet et Utopie exa­mine les limi­tes même de la cri­ti­que, des cités-jar­dins aux déve­lop­pe­ments péri­phé­ri­ques induits, des expé­ri­men­ta­tions du loge­ment col­lec­tif des années 1920 à l’urba­ni­sa­tion de Manhattan, ou de la place des avant-gardes artis­ti­ques. Car la pro­li­fé­ra­tion de sym­bo­les dans le laby­rin­the sadi­que de Piranèse révèle que « le som­meil de la raison engen­dre les mons­tres ». Complétant Marx, il est impos­si­ble selon Tafuri de créer une esthé­ti­que de classe, seu­le­ment une cri­ti­que de classe de l’esthé­ti­que. L’utopie répond au besoin cons­tant de restruc­tu­rer la réa­lité, annon­çant le choc de l’expé­rience angois­sante de la grande métro­pole, lieu de l’alié­na­tion abso­lue, où résonne le Cri ter­ri­fiant de Munch.

Manfredo Tafuri est un théo­ri­cien, his­to­rien, et cri­ti­que de l’archi­tec­ture ita­lien (1935-1994). Il a été le direc­teur du dépar­te­ment d’his­toire de l’archi­tec­ture de l’Istituto Universitario di Architettura de Venise. Sa ren­contre avec Massimo Cacciari, Francesco Dal Co et d’autres jeunes his­to­riens l’encou­ra­gera à radi­ca­li­ser sa cri­ti­que d’une his­toire opé­ra­tive. Il a par­ti­cipé à la rédac­tion de la revue Casabella-Continuità.