Silvia Federici revisite ce moment particulier de l’histoire qu’est la transition entre le féodalisme et le capitalisme, en y introduisant la perspective particulière de l’histoire des femmes.
Elle nous invite à réfléchir aux rapports d’exploitation et de domination, à la lumière des bouleversements introduits à l’issue du Moyen Âge. Un monde nouveau naissait, privatisant les biens autrefois collectifs, transformant les rapports de travail et les relations de genre. Ce nouveau monde, où (…)
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Essai
Articles
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Caliban et la Sorcière
8 août 2016, par Federici -
La Joie Armée
12 février 2010, par BonannoLa joie s’arme. Son attaque est le dépassement de l’hallucination marchande, de la machine et de la marchandise, de la vengeance et du leader, du parti et de la quantité. Sa lutte brise la ligne tracée par la logique du profit, l’architecture du marché, le sens programmé de la vie, le document final de l’archive. Son explosion bouleverse l’ordre des dépendances, la nomenclature du positif et du négatif, la loi de l’illusion marchande. — A. M. Bonanno
Paru initialement durant le Mouvement (…) -
L’Émeute prime
16 avril 2018, par CloverL’émeute est généralement négligée par les marxistes, taxée d’apolitisme et renvoyée à l’instant pur, à la spontanéité. Joshua Clover s’attache à la théoriser et à comprendre la succession des formes de contestation dans la longue durée. Quand le capitalisme apparaît, l’émeute est la forme de lutte dominante, s’attaquant à la circulation des marchandises. Puis, au moment de la révolution industrielle et jusqu’à l’immédiate après-guerre, la grève lui succède, avec cette fois la sphère de la production en ligne de mire. Depuis les années 1960 à 1970, une période marquée par la désindustrialisation, le chômage de masse et le ralentissement de l’accumulation en Occident, l’émeute redevient la forme de contestation par excellence ; cette émeute nouvelle, c’est l’émeute prime.
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L’Abolition de la valeur
8 septembre 2017, par AstarianPour Marx, l’abolition de la valeur consiste en la suppression de l’échange et son remplacement par une économie planifiée où les hommes travaillent avec enthousiasme à la satisfaction de leurs besoins (le premier d’entre eux étant le travail lui-même). Et sa théorie de la valeur est tout imprégnée de ce point de vue. L’objet de L’Abolition de la valeur est de revisiter la théorie marxienne de la valeur en tenant compte des conditions actuelles du mode de production capitaliste – sans remettre en cause la trajectoire d’ensemble du Capital. La différence essentielle avec l’époque de Marx est qu’il est devenu impossible d’envisager le communisme comme une économie d’« hommes libres » gérant leur travail par une planification commune.
Notre époque permet de mettre au concret la théorie de la valeur en s’appuyant sur les caractéristiques pratiques, et non pas abstraites, du travail producteur de marchandises. Cela a des conséquences décisives sur la façon d’envisager l’abolition de la valeur et l’au-delà du capital et du travail. Car il faut maintenant commencer à réfléchir à ce que pourrait être une société sans travail – ce qui ne veut pas dire sans production, mais sans usines, sans chronomètres, sans souffrance. -
Manifeste Xénoféministe
27 août 2019, par CuboniksNotre monde est pris de vertige. Dans nos vies quotidiennes, un entrelacs d’abstraction, de virtualité et de complexité s’introduit avec l’invasion des nouveaux médias technologiques. Le manifeste xénoféministe façonne un féminisme adapté à ces réalités, en s’emparant de l’aliénation comme d’un levier pour générer de nouveaux mondes. Le naturalisme essentialiste empeste la théologie – le mieux est de l’exorciser au plus vite. L’innovation technoscientifique doit s’assortir d’une pensée (…)
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Les Autoreductions
20 juillet 2010, par Collonges, RandalL’autoreduction, c’est se réapproprier soi-même et collectivement des biens de consommation ou des services. C’est réduire les factures des loyers ou des impôts. C’est remettre en question les mécanismes de fixation des prix, cette machine de guerre contre les salariés. C’est l’action directe des usagers qui peut déboucher sur l’occupation d’un quartier entier et former un tout avec les grèves violentes. Voilà une nouvelle forme de lutte au cœur des centres urbains capitalistes.
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La Matérielle
31 août 2018, par CharrierDans l’après Mai 68, Christian Charrier participe à la refonte de la théorie de la lutte des classes et de la révolution communiste. S’inscrivant dans un rapport critique à différents courants hétérodoxes du mouvement ouvrier et révolutionnaire (Internationale situationniste, Socialisme ou Barbarie, gauches communistes, communismes de conseils), cette refonte avançait que la révolution n’était plus affirmation du prolétariat devenant classe dominante et libérant le travail, mais négation du prolétariat et de toutes les classes, abolition du travail : communisation. Entre 2002 et 2006, sur le site web La Matérielle, Christian Charrier se livre à un bilan critique décapant de cette séquence théorique qui, croyant tout remettre en cause, se révèle encore trop solidaire de la spéculation hégélienne. En analysant les transformations du capitalisme depuis une cinquantaine d’années et le cours des luttes, c’est en effet au schéma traditionnel d’une classe porteuse par sa négativité d’un « sens de l’histoire » qu’il s’agit de s’opposer.
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De la crise à la communisation
20 mai 2017, par DauvéOn a déjà tant écrit sur, pour et contre le communisme. À quoi bon un livre de plus ? Et pourquoi cette nouveauté appelée communisation ? Parler de communisation, c’est affirmer que dès ses débuts, et donc sans « période de transition », une révolution future commencera à transformer les rapports sociaux capitalistes : destruction du travail salarié, du travail en tant que tel, de la propriété privée, de l’État, de l’échange marchand, des classes et de la domination masculine… La (…)
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La révolution n’est pas une affaire de parti
10 juillet 2010, par RühleL’expérience historique nous apprend que tous les compromis conclus entre la révolution et la contre-révolution ne peuvent profiter qu’à cette dernière. Toute politique de compromis est une politique de banqueroute pour le mouvement révolutionnaire. Ce qui avait débuté comme un simple compromis avec la social-démocratie allemande a abouti à Hitler. Ce que Lénine justifiait comme un compromis nécessaire a abouti à Staline. En diagnostiquant comme maladie infantile du communisme le refus (…)
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Marxisme noir
20 avril 2020, par RobinsonDans ce classique de la pensée radicale noire enfin traduit en français, Cedric Robinson entreprend d’écrire une histoire intellectuelle du radicalisme noir. Bien que ce livre soit surtout resté dans la postérité pour la thèse du « capitalisme racial » qu’il y développe, Robinson revient, avec une érudition impressionnante, sur les origines intra-européennes du racialisme, ainsi que sur les origines européennes du marxisme avant de s’attarder sur le développement de l’histoire africaine et (…)