Les coordonnées idéologiques et la logique culturelle de notre époque peuvent se rapporter au constat suivant : il est plus facile d’imaginer la fin du monde que celle du capitalisme. Un sentiment répandu, diffus, selon lequel il s’agirait du seul système économique et politique viable, et qu’il serait désormais impossible d’en imaginer une alternative cohérente et plausible. C’est ce que Mark Fisher nomme le « réalisme capitaliste », qu’il se propose de décrypter et de critiquer radicalement. En croisant théorie sociale et analyse culturelle (cinéma, fiction, pop culture), l’auteur s’attache à diagnostiquer une conjoncture qui se donne de manière idéologique comme post-historique. Mark Fisher s’attaque aussi à la prolifération de discours et de représentations qui renvoient aux rapports de domination : ils produisent un étouffement omniprésent, depuis les chaînes d’assemblage à l’enseignement, en passant par différentes pathologies ou affectations socio-psychiques (la dépression notamment), et bien évidemment par les divers secteurs de l’industrie culturelle. Autrement dit : c’est un horizon historique et social clôturé sur la marchandise et ses effets d’aliénation qu’il faut ici comprendre, afin de pouvoir mieux en déconstruire l’effectivité.
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Essai philosophique
Articles
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Le Réalisme capitaliste
28 août 2018, par Fisher -
Ouvriers et capital
10 février 2016, par TrontiLe grand livre de Mario Tronti est le texte philosophique le plus ambitieux produit par la « séquence rouge » italienne. Ouvriers et capital formule les positions de l’opéraïsme, en particulier la centralité ouvrière incarnée durant le cycle de lutte qui secouèrent l’Italie des années soixante par la figure de l’ouvrier-masse. L’auteur procède à une appropriation critique de Marx pour concevoir une théorie du capitalisme avancé. Il y affirme le primat des luttes ouvrières sur l’histoire du (…)
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Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel
17 août 2010, par MarxQuand le prolétariat met à l’ordre du jour la dissolution de l’ordre mondial en place jusqu’à présent, il n’énonce rien d’autre que le secret de sa propre existence immédiate, car il est la dissolution de fait de cet ordre mondial. Quand le prolétariat exige la négation de la propriété privée, il ne fait qu’élever en principe de la société ce que la société a élevé en principe pour lui, ce qui est déjà et malgré lui incarné en lui : le résultat négatif de cette société. — K. Marx
La (…) -
Tout ce qui est solide se volatilise
29 décembre 2017, par BermanLondres et New York se réinventent, Saint-Pétersbourg sort de terre. La marche en avant de la modernisation exhume des navires de pierre depuis les marais de la Neva ou fait flotter des palais de cristal dont les verrières capturent les étincelles solaires d’un monde en révolution. Mais la modernité détruit et se dévore elle-même, elle menace tout ce qui semble solide : d’abord les hommes à son service et plus tard les formes merveilleuses qu’elle aura enfantées.
C’est l’ambivalence – le regard changeant des grands témoins, de Pouchkine, Marx, Dostoïevski ou Baudelaire – que ce livre interroge. Au cœur des métropoles, les transformations urbaines façonnent le mode de vie, le reflètent, mais fournissent aussi les armes de sa subversion. Les boulevards de Haussmann liquident une existence étouffante et unissent le prolétariat parisien, tout en l’excluant de la scène qu’illumine le modernisme. Le macadam s’installe, les voitures accélèrent et le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel).
Voilà un livre d’aventures, de celles que le siècle précédent et celui d’avant encore promettaient, à l’humanité entière, à la raison, à l’art. Des aventures en forme de villes nouvelles, des avenues tracées depuis la périphérie jusqu’aux cœurs des hommes, des artères du changement et de la modernisation : des feux d’artifice dont les lueurs suscitaient l’effroi et la fascination. -
Considérations philosophiques sur le fantôme divin, le monde réel et l’Homme
28 août 2010, par BakounineÉcrit par Bakounine au cours de l’hiver 1870-71, entre la tentative d’insurrection lyonnaise et la Commune de Paris, Considérations philosophiques sur le fantôme divin, le monde réel et l’homme est l’aboutissement des réflexions philosophiques que mène le révolutionnaire russe au milieu des années 1860. Durant cette période, ce passionné de philosophie, cet amateur de Kant, Fichte et Hegel reprend ses réflexions théoriques abandonnées en 1842. Il élabore plusieurs textes marqués par (…)