Les coordonnées idéologiques et la logique culturelle de notre époque peuvent se rapporter au constat suivant : il est plus facile d’imaginer la fin du monde que celle du capitalisme. Un sentiment répandu, diffus, selon lequel il s’agirait du seul système économique et politique viable, et qu’il serait désormais impossible d’en imaginer une alternative cohérente et plausible. C’est ce que Mark Fisher nomme le « réalisme capitaliste », qu’il se propose de décrypter et de critiquer radicalement. En croisant théorie sociale et analyse culturelle (cinéma, fiction, pop culture), l’auteur s’attache à diagnostiquer une conjoncture qui se donne de manière idéologique comme post-historique. Mark Fisher s’attaque aussi à la prolifération de discours et de représentations qui renvoient aux rapports de domination : ils produisent un étouffement omniprésent, depuis les chaînes d’assemblage à l’enseignement, en passant par différentes pathologies ou affectations socio-psychiques (la dépression notamment), et bien évidemment par les divers secteurs de l’industrie culturelle. Autrement dit : c’est un horizon historique et social clôturé sur la marchandise et ses effets d’aliénation qu’il faut ici comprendre, afin de pouvoir mieux en déconstruire l’effectivité.
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Articles
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Le Réalisme capitaliste
28 août 2018, par Fisher -
Caliban et la Sorcière
8 août 2016, par FedericiSilvia Federici revisite ce moment particulier de l’histoire qu’est la transition entre le féodalisme et le capitalisme, en y introduisant la perspective particulière de l’histoire des femmes.
Elle nous invite à réfléchir aux rapports d’exploitation et de domination, à la lumière des bouleversements introduits à l’issue du Moyen Âge. Un monde nouveau naissait, privatisant les biens autrefois collectifs, transformant les rapports de travail et les relations de genre. Ce nouveau monde, où (…) -
Réenchanter le Monde
20 avril 2020, par FedericiSilvia Federici présente une histoire critique de la politique des communs dans une perspective féministe. De son vécu au Nigeria et de ses rencontres avec des militantes d’Amérique latine et du monde entier, Federici révèle les luttes quotidiennes des femmes contre la spoliation de leur terre, de leur logement et nourriture. De ses recherches historiques, elle compare les enclosures, qui ont permis la naissance du capitalisme par la destruction des communs et la prolétarisation des (…)
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Spectres de ma vie
20 avril 2020, par FisherDans cette collection de textes, Mark Fisher nous présente une galerie hantée : depuis la musique médiumnique de Joy Division aux spectres qui traversent les productions hantologiques de The Advisory Circle, du fascinant Memento de Christopher Nolan à l’inclassable Robinson in Ruins de Patrick Keiller, les objets culturels dont il fait l’analyse avec son regard si particulier trahissent un constat sans appel sur notre présent : le futur a été annulé. Les traces attachées à ces présences (…)
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L’Émeute prime
16 avril 2018, par CloverL’émeute est généralement négligée par les marxistes, taxée d’apolitisme et renvoyée à l’instant pur, à la spontanéité. Joshua Clover s’attache à la théoriser et à comprendre la succession des formes de contestation dans la longue durée. Quand le capitalisme apparaît, l’émeute est la forme de lutte dominante, s’attaquant à la circulation des marchandises. Puis, au moment de la révolution industrielle et jusqu’à l’immédiate après-guerre, la grève lui succède, avec cette fois la sphère de la production en ligne de mire. Depuis les années 1960 à 1970, une période marquée par la désindustrialisation, le chômage de masse et le ralentissement de l’accumulation en Occident, l’émeute redevient la forme de contestation par excellence ; cette émeute nouvelle, c’est l’émeute prime.
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À l’assaut du ciel
20 avril 2020, par WrightL’opéraïsme est un courant marxiste radical qui s’est développé dans l’Italie des années 1960 et 1970 comme tentative de confronter la théorie générale du capital avec « l’étude réelle de l’usine réelle ». En rapportant le comportement de lutte actuel de la classe ouvrière à sa structure matérielle actuelle dans le rapport d’exploitation, le but des théoriciens opéraïstes était de comprendre « les nouvelles formes d’action indépendante de la classe ouvrière ». Le livre fort bien documenté de (…)
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L’Arcane de la reproduction
21 avril 2020, par FortunatiCe livre est une hérésie qui manie les catégories marxiennes sans dogmatisme en utilisant les armes de la critique féministe. Il propose un examen systématique explorant les rapports réels que le capital entretient en secret avec les pourvoyeuses de soins, de sourires et de sexe. L’apparente naturalité de l’amour et du couple est une puissante idéologie qui invisibilise le fonctionnement et la fonction de la famille capitaliste. Portée par l’ambition de démystifier l’arcane de la (…)
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Nous voulons tout
9 septembre 2012, par BalestriniDu printemps à l’automne 1969, partant de la célèbre usine turinoise Fiat, la révolte ouvrière enflamme l’Italie et lance son cri de guerre contre la classe bourgeoise : nous voulons tout. C’est « l’automne chaud », moment fort de la longue vague révolutionnaire qui va secouer la péninsule au cours des années soixante-dix. Au centre des luttes trône la figure de l’ouvrier-masse, emblème de la rage, de la spontanéité et de l’autonomie ouvrière, qui affirme le refus du travail et la (…)
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Métromarxisme
2 mars 2019, par MerrifieldMétromarxisme s’attache à l’expérience de la ville, et plus précisément à la relation tumultueuse qu’elle entretient avec la critique sociale : de Marx et Engels à David Harvey et Marshall Berman, en passant par Walter Benjamin, Henri Lefebvre, Guy Debord ou Manuel Castells, c’est à une flânerie ou une déambulation métropolitaines qui interrogent le capitalisme que nous convie l’ouvrage d’Andy Merrifield. Construit à partir de chapitres monographiques et biographiques évoquant chacune de ces (…)
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Travail gratuit et grèves féministes
20 avril 2020, par Federici, Kuehni, Merteuil, SimonetLe 14 juin 2019, presque trente ans après la première grève des femmes, des centaines de milliers de personnes défilent dans toute la Suisse à l’issue de la deuxième grève féministe. L’invisibilisation du travail fourni par les femmes demeure l’une des raisons de leur colère. Les quatre textes de cet ouvrage, issus de conférences données à Lausanne à l’occasion de cet évènement extraordinaire, articulent les enjeux des luttes féministes actuelles.
Dans ce recueil, Silvia Federici, grande (…)