Avec la révolution russe de 1917 et le triomphe du parti bolchevik, donc du marxisme élevé au statut d’idéologie d’État, la légende de Marx « communiste d’État » ou « socialiste autoritaire » s’est muée en mythe universel. Elle est devenu l’alibi moral de tous les régimes d’exploitation économique et abêtissement culturel qui savent dénoncer, à travers l’image terrifiante du « socialisme réel », la prétendue « philosophie totalisante » de l’auteur du Capital.
Cet essai s’entend comme une (…)
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Articles
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Marx théoricien de l’anarchisme
31 janvier 2011, par Rubel -
L’Émeute prime
16 avril 2018, par CloverL’émeute est généralement négligée par les marxistes, taxée d’apolitisme et renvoyée à l’instant pur, à la spontanéité. Joshua Clover s’attache à la théoriser et à comprendre la succession des formes de contestation dans la longue durée. Quand le capitalisme apparaît, l’émeute est la forme de lutte dominante, s’attaquant à la circulation des marchandises. Puis, au moment de la révolution industrielle et jusqu’à l’immédiate après-guerre, la grève lui succède, avec cette fois la sphère de la production en ligne de mire. Depuis les années 1960 à 1970, une période marquée par la désindustrialisation, le chômage de masse et le ralentissement de l’accumulation en Occident, l’émeute redevient la forme de contestation par excellence ; cette émeute nouvelle, c’est l’émeute prime.
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Tout ce qui est solide se volatilise
29 décembre 2017, par BermanLondres et New York se réinventent, Saint-Pétersbourg sort de terre. La marche en avant de la modernisation exhume des navires de pierre depuis les marais de la Neva ou fait flotter des palais de cristal dont les verrières capturent les étincelles solaires d’un monde en révolution. Mais la modernité détruit et se dévore elle-même, elle menace tout ce qui semble solide : d’abord les hommes à son service et plus tard les formes merveilleuses qu’elle aura enfantées.
C’est l’ambivalence – le regard changeant des grands témoins, de Pouchkine, Marx, Dostoïevski ou Baudelaire – que ce livre interroge. Au cœur des métropoles, les transformations urbaines façonnent le mode de vie, le reflètent, mais fournissent aussi les armes de sa subversion. Les boulevards de Haussmann liquident une existence étouffante et unissent le prolétariat parisien, tout en l’excluant de la scène qu’illumine le modernisme. Le macadam s’installe, les voitures accélèrent et le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel).
Voilà un livre d’aventures, de celles que le siècle précédent et celui d’avant encore promettaient, à l’humanité entière, à la raison, à l’art. Des aventures en forme de villes nouvelles, des avenues tracées depuis la périphérie jusqu’aux cœurs des hommes, des artères du changement et de la modernisation : des feux d’artifice dont les lueurs suscitaient l’effroi et la fascination. -
Marxisme noir
20 avril 2020, par RobinsonDans ce classique de la pensée radicale noire enfin traduit en français, Cedric Robinson entreprend d’écrire une histoire intellectuelle du radicalisme noir. Bien que ce livre soit surtout resté dans la postérité pour la thèse du « capitalisme racial » qu’il y développe, Robinson revient, avec une érudition impressionnante, sur les origines intra-européennes du racialisme, ainsi que sur les origines européennes du marxisme avant de s’attarder sur le développement de l’histoire africaine et (…)
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Domination et sabotage
15 janvier 2019, par NegriDomination et sabotage est l’un des textes clés de la « séquence rouge italienne » des années 1970. Une intervention décisive, tant par sa portée théorique que politique, qui se place aux côtés des grands écrits de cette époque. Au-delà des débats tactiques, politiques ou militaires qui ont secoué le mouvement italien, ce texte pose une question toujours d’actualité : comment penser les conditions d’une positivité antagoniste et multiple, capable de ressaisir l’exigence des organisations révolutionnaires contre leur verticalité interne et au-delà de l’unité figée d’un sujet social de référence ? Derrière la reformulation du marxisme comme « logique de la séparation » se trouve le problème politique d’un horizon d’organisation autonome durable, capable de s’affronter réellement avec l’existant sans être aspiré par l’abîme d’une négativité qui rend impossible toute consistance de long terme. Faire « un pas en arrière et deux pas en avant », ici, en France, aujourd’hui, à partir de ces pages écrites il y a quarante ans, signifie alors se réapproprier cette question à partir des expériences concrètes qui lient, pour reprendre l’auteur, la « déstructuration économique » à la « déstabilisation politique », et celles-ci à l’« autovalorisation » collective.
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Blackout
18 septembre 2011, par BalestriniRendre en vers la parabole des mouvements contestataires des années soixante-dix – leur force, leur rage, leur déclin – c’est l’exploit réussi par Nanni Balestrini dans les textes ici réunis. Par un savant équilibre entre la rigueur de la composition, qui repose sur des habiles techniques combinatoires, et une langue fragmentaire, portant inscrite en elle-même la trace d’une histoire en devenir, l’auteur donne vie à une mosaïque vaste et mouvante.
Si Vivre à Milan reflète la radicalité et (…) -
La Matérielle
31 août 2018, par CharrierDans l’après Mai 68, Christian Charrier participe à la refonte de la théorie de la lutte des classes et de la révolution communiste. S’inscrivant dans un rapport critique à différents courants hétérodoxes du mouvement ouvrier et révolutionnaire (Internationale situationniste, Socialisme ou Barbarie, gauches communistes, communismes de conseils), cette refonte avançait que la révolution n’était plus affirmation du prolétariat devenant classe dominante et libérant le travail, mais négation du prolétariat et de toutes les classes, abolition du travail : communisation. Entre 2002 et 2006, sur le site web La Matérielle, Christian Charrier se livre à un bilan critique décapant de cette séquence théorique qui, croyant tout remettre en cause, se révèle encore trop solidaire de la spéculation hégélienne. En analysant les transformations du capitalisme depuis une cinquantaine d’années et le cours des luttes, c’est en effet au schéma traditionnel d’une classe porteuse par sa négativité d’un « sens de l’histoire » qu’il s’agit de s’opposer.
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De la crise à la communisation
20 mai 2017, par DauvéOn a déjà tant écrit sur, pour et contre le communisme. À quoi bon un livre de plus ? Et pourquoi cette nouveauté appelée communisation ? Parler de communisation, c’est affirmer que dès ses débuts, et donc sans « période de transition », une révolution future commencera à transformer les rapports sociaux capitalistes : destruction du travail salarié, du travail en tant que tel, de la propriété privée, de l’État, de l’échange marchand, des classes et de la domination masculine… La (…)
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Résignation est complicité
11 septembre 2013, par CamenischAlors qu’en Suisse, malgré une forte résistance, la construction de centrales nucléaires se poursuit, Marco Camenisch fait partie de ceux qui, au sein du mouvement antinucléaire, refusent de se résigner. En 1980, il est arrêté pour le dynamitage d’un pylône de ligne à haute tension et d’une centrale de transformation électrique. Lors de son procès, il lit une longue déclaration : Paix aux chaumières, guerre aux palais !
En cavale ou en prison, Marco Camenisch ne cesse de lancer ses mots (…) -
Pommes de terre contre gratte-ciel
30 octobre 2022, par DauvéPlus la crise écologique s’aggrave, plus l’écologie devient une idéologie dominante. Elle nous promet un monde « décarboné » grâce au tout-électrique, au tout-numérique et au « nucléaire vert ». Mais capitalisme et écologie sont incompatibles. Le capitalisme repose sur l’exploitation de prolétaires dans des entreprises forcées par la concurrence d’accumuler plus de valeur que leurs rivales. La quête incessante de productivité entraîne surproduction, surconsommation… aux effets destructeurs (…)