Cet essai sur Mai 68 – publié en juillet de la même année dans la revue Quaderni piacentini – a été écrit dans le feu de l’action, au milieu des barricades parisiennes. Devenu un classique, sa lecture des événements s’oppose aux interprétations alors en vogue dans la gauche, à la fois institutionnelle et révolutionnaire. Les auteurs, en analysant la révolte des étudiants et des travailleurs, ont en effet ignoré les schémas idéologiques du marxisme-léninisme, du maoïsme, de l’anarchisme, etc., en mettant en avant les catégories opéraïstes forgées dans les revues Quaderni rossi et Classe operaia.
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Articles
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Mai 68 en France
15 janvier 2019, par Bologna, Daghini -
Domination et sabotage
15 janvier 2019, par NegriDomination et sabotage est l’un des textes clés de la « séquence rouge italienne » des années 1970. Une intervention décisive, tant par sa portée théorique que politique, qui se place aux côtés des grands écrits de cette époque. Au-delà des débats tactiques, politiques ou militaires qui ont secoué le mouvement italien, ce texte pose une question toujours d’actualité : comment penser les conditions d’une positivité antagoniste et multiple, capable de ressaisir l’exigence des organisations révolutionnaires contre leur verticalité interne et au-delà de l’unité figée d’un sujet social de référence ? Derrière la reformulation du marxisme comme « logique de la séparation » se trouve le problème politique d’un horizon d’organisation autonome durable, capable de s’affronter réellement avec l’existant sans être aspiré par l’abîme d’une négativité qui rend impossible toute consistance de long terme. Faire « un pas en arrière et deux pas en avant », ici, en France, aujourd’hui, à partir de ces pages écrites il y a quarante ans, signifie alors se réapproprier cette question à partir des expériences concrètes qui lient, pour reprendre l’auteur, la « déstructuration économique » à la « déstabilisation politique », et celles-ci à l’« autovalorisation » collective.
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L’Émeute prime
16 avril 2018, par CloverL’émeute est généralement négligée par les marxistes, taxée d’apolitisme et renvoyée à l’instant pur, à la spontanéité. Joshua Clover s’attache à la théoriser et à comprendre la succession des formes de contestation dans la longue durée. Quand le capitalisme apparaît, l’émeute est la forme de lutte dominante, s’attaquant à la circulation des marchandises. Puis, au moment de la révolution industrielle et jusqu’à l’immédiate après-guerre, la grève lui succède, avec cette fois la sphère de la production en ligne de mire. Depuis les années 1960 à 1970, une période marquée par la désindustrialisation, le chômage de masse et le ralentissement de l’accumulation en Occident, l’émeute redevient la forme de contestation par excellence ; cette émeute nouvelle, c’est l’émeute prime.
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Métromarxisme
2 mars 2019, par MerrifieldMétromarxisme s’attache à l’expérience de la ville, et plus précisément à la relation tumultueuse qu’elle entretient avec la critique sociale : de Marx et Engels à David Harvey et Marshall Berman, en passant par Walter Benjamin, Henri Lefebvre, Guy Debord ou Manuel Castells, c’est à une flânerie ou une déambulation métropolitaines qui interrogent le capitalisme que nous convie l’ouvrage d’Andy Merrifield. Construit à partir de chapitres monographiques et biographiques évoquant chacune de ces (…)
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Tout ce qui est solide se volatilise
29 décembre 2017, par BermanLondres et New York se réinventent, Saint-Pétersbourg sort de terre. La marche en avant de la modernisation exhume des navires de pierre depuis les marais de la Neva ou fait flotter des palais de cristal dont les verrières capturent les étincelles solaires d’un monde en révolution. Mais la modernité détruit et se dévore elle-même, elle menace tout ce qui semble solide : d’abord les hommes à son service et plus tard les formes merveilleuses qu’elle aura enfantées.
C’est l’ambivalence – le regard changeant des grands témoins, de Pouchkine, Marx, Dostoïevski ou Baudelaire – que ce livre interroge. Au cœur des métropoles, les transformations urbaines façonnent le mode de vie, le reflètent, mais fournissent aussi les armes de sa subversion. Les boulevards de Haussmann liquident une existence étouffante et unissent le prolétariat parisien, tout en l’excluant de la scène qu’illumine le modernisme. Le macadam s’installe, les voitures accélèrent et le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel).
Voilà un livre d’aventures, de celles que le siècle précédent et celui d’avant encore promettaient, à l’humanité entière, à la raison, à l’art. Des aventures en forme de villes nouvelles, des avenues tracées depuis la périphérie jusqu’aux cœurs des hommes, des artères du changement et de la modernisation : des feux d’artifice dont les lueurs suscitaient l’effroi et la fascination.